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Pèche Maritime:

Une ville chinoise créée en pleine mer

La Chine pêche chaque année 15 millions de tonnes de poissons. C’est le premier pays exportateur dans ce domaine, selon la FAO. Dotée d’une flotte de 3 400 navires, elle pêche dans les eaux internationales de plus de 100 pays. Beaucoup de ces embarcations sont près de l’archipel équatorien des Galápagos, ce qui n'est pas sans poser problème à l'Equateur.

A l’été 2017, l'ampleur de l’activité de pêche chinoise à proximité de l’Equateur a été révélée lorsque 300 navires ont été détectés entre l’archipel des Galápagos et l’Equateur continental. Une flotte complète, qui ne compte pas que des chalutiers. Elle comprend des navires logistiques, des navires-usines qui traitent la pêche jusqu’à la mise en boîte, des cargos, ou encore des navires-ateliers. Une véritable petite ville en pleine mer dont les lumières, de nuit, sont visibles de très loin.

Cette flotte reste toute proche - à 10 ou 20 milles marins - des eaux de la réserve marine Galápagos et de la Zone économique exclusive de l’Equateur. Vraisemblablement pour pêcher, entre autres, des calamars géants dont les Chinois sont friands

 

L’Equateur s’inquiète…

Les autorités équatoriennes ne voient pas la situation d’un bon œil. Le président de la République Lenin Moreno est intervenu fermement lundi 21 août à la télévision. Il a indiqué que l’Equateur n’accepterait ni la violation de sa souveraineté ni le pillage de ses ressources halieutiques. Les écologistes sont aussi inquiets. Une manifestation est d’ailleurs prévue ce jeudi 24 août face à l’ambassade de Chine mais également aux Galápagos.

Ce qui a mis le feu aux poudres est la capture le 13 août dernier dans les eaux des Galápagos d’un navire chinois de 100 mètres de long. L’énorme bateau avait dans ses cales 300 tonnes de poissons et autres produits marins, dont des requins marteaux, une espèce en danger. Même s’il est toujours difficile de savoir où ces poissons ont été pêchés, l’Equateur est inquiet de voir pillées les eaux extrêmement poissonneuses des Galápagos.

 

Mais n'a que de peu de moyens pour agir

Après l’intervention du président de la République, qui a demandé à sa ministre des Affaires étrangères de protester auprès de Pékin, le chef des opérations de la marine équatorienne se montre un peu gêné d’avouer que ses hommes font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont. C’est-à-dire pas grand-chose.

Ils disposent de deux garde-côtes, un hélicoptère, deux avions aux Galápagos et deux de plus sur la côte qui survolent de temps en temps la flotte chinoise. Avec, en ce moment, près de 240 navires à surveiller, impossible d’avoir des yeux partout ! La marine équatorienne utilise surtout une surveillance par satellite et essaie de détecter les navires qui éteignent leur GPS, mais l’opération est là encore complexe. Le problème, c’est que les navires chinois restent dans les eaux internationales, entre les Galápagos et le continent.

Les écologistes comme les pêcheurs se renseignent sur les possibilités d’exiger le retrait de la flotte chinoise pour violation du code de conduite sur la pêche responsable de la FAO, ou au nom de la protection du thon tropical dont la pêche est interdite, mais en attendant, la flotte chinoise ne fait pas mine de s’en aller.

Source RFI

Titre (africhevalier)