Carte_B_nin_en_prison2_apla_nb

BENIN: Regard sur la gouvernance de 1960 à nos jours

Le Bénin, prisonnier de ses politiciens s’étiole… inexorablement

(Séquence abyssale d’une histoire émouvante)

 

Après 57 ans d’indépendance, l’économie du Bénin autrefois Dahomey, peine à décoller à  cause de la mal gouvernance occasionnée par la gourmandise de ceux qui prennent en main la destinée de son économie de 1960 à nos jours. Bref, la corruption et le népotisme au sommet de l’Etat et qui a étalé ses tentacules jusqu’à la plus minuscule contrée de chefferie est le mal dont souffre le développement économique du pays.

 

Cinquante-sept (57) ans de coups bas, de détournements de deniers publics ; vingt-sept (27) ans de démocratie et de corruption généralisée dans tous les services publics. Le Dahomey devenu Bénin depuis 1976 n’a guère évolué à cause du traitement machiavélique des affaires  publiques et la traque des opérateurs économiques.

Depuis ce temps de l’enfant malade de l’Afrique sur fond de quartier latin qui portait tous les espoirs de tout un continent, le Bénin s’est fourvoyé dans des assassinats politiques pour camoufler la vérité qui révèlerait des actes de corruption et de détournements de fonds de l’Etat.

La méchanceté gratuite révélée par E. Mounier a conduit  à un nivellement par le bas ; la promotion de la médiocrité au détriment de l’excellence a entretenu pendant des dizaines d’années, la culture des contre valeurs justifiée à la fin par le gouffre des contre-performances.

Plusieurs cas d’assassinats sont enregistrés dont les plus récents sont ceux de Pierre Urbain Dangnivo porté disparu depuis 2011 sous la gouvernance Yayi et introuvable jusqu’à ce jour, Bernadette Agbossou Sohoudji froidement abattue (lundi 10 janvier 2011) à coups de fusil toujours sous la gouvernance Yayi, le juge Sévérin Coovi (dans la nuit du 06 novembre 2005) et j’en passe. Décidément, le Bénin cumule des actes qui sont à l’antipode du développement.

 

 

Séquence abyssale d’une histoire émouvante

 

Tenez, une partie du territoire béninois ne serait-elle pas vendue à la République fédérale du Nigeria sous la gouvernance Apithy et qui serait l’œuvre de ce dernier pour témoigner de sa bonne gouvernance au peuple, sans oublier la vente d’une portion de l’ambassade du Bénin à Washington qui serait le forfait d’un certain Rogatien Biaou, entre temps ministre des affaires étrangères qui aurait su faire cette œuvre utile pour le développement de son pays, Alain Adihou pour l’affaire de détournement de fonds destiné à la réalisation de la Lépi (lui fait 1011 jours en prison avant d’être libéré sous caution). On n’oubliera pas de citer les milliards détournés à la Société béninoise d’électricité et d’eau (SBEE), le crime PPEA II même si le verdict est problématique… la Sonapra qui a promu la distraction des fonds publics en lieu et place des produits agricoles ; la rocambolesque affaire de machines agricoles dont les auteurs continuent de se la couler douce, narguant le peuple avec un train de vie insolent ; le cas Komi Koutché en attendant la clarification de son ténébreux passage au Fonds National de Microfinance (FNM). Et on en oublie.

De Hubert Maga (1960-1963, 1970-1972), Sourou Migan Apithy (1964-1965), Christophe Soglo (1963-1964, 1965-1967), Tairou Congacou (1965), Alphonse Alley (1967-1968), Emile Derlin Zinsou (1968-1969), Maurice Kouandeté (1969), Paul-Emile de Souza (1969-1970), Justin Ahomadégbé (1972), Mathieu Kérékou (1972-1991, 1996-2001, 2001-2006), Nicéphore Soglo (1991-1996), Boni Yayi (2006-2011, 2011-2016) et Patrice Guillaume Athanase Talon actuellement aux affaires, rien n’a changé.

 

 

Que d’éléphants blancs dans la faune Bénin !

 

Cette façon de gérer les affaires publiques a engendré des éléphants blancs comme souvenir d’une gouvernance clanique aux progénitures aujourd’hui vouées au chômage. Que de voleurs, pourrait-on les qualifier ! La société sucrière de Savè (3S), la société de fabrication de la cigarette Etoile et de l’allumette Fitinla, la Société béninoise de parfumerie (Sobépar), la Sobétex, la Sonicog, la Sonafel, la Sonapra, les Huilleries, la Sobécy, la SCO, la Sobémac, la BCB, l’Hôtel PLM Alédjo, la Marina Hôtel, la Poste du Bénin, BBCom, Libercom, la Sonar, la Sonacop, l’Ocbn, les sociétés de transport en commun (Sotraz, Trans-Atlantique, Sotramo, Trans-Ouémé), etc., qu’ils soient publics ou privés, sont déjà des cadavres ou sont grabataires à la recherche d’un soignant audacieux, à cause de la mal gouvernance de nos hommes politiques qui les ont conduit à l’essoufflement total à cause de leurs demandes excessives à n’en point finir, de leur part du gâteau que disposerait chacune de ces entreprises.

Le hic, est que les malversations économiques commises jusqu’à ce jour restent impunies, la justice étant prise elle aussi en otage. Les lois sont votées, les institutions de juridictions sont créées mais ne servent à rien. A preuve, la haute Cour de justice ligotée par ses propres lois qui la fondent.  D’ailleurs, qui va juger qui si c’est les mêmes fautifs qui sont aux affaires dans ces institutions juridictionnelles? L’assemblée nationale est devenue le lieu de cachette d’individus malsains, qui après leurs forfaits vont négocier des têtes de liste aux législatives pour trouver refuge sous l’immunité parlementaire et plus personne pour les livrer à la justice parce que la majorité constitue une bande de voleurs, de corrompus, de tueurs à gage et j’en passe. C’est cette majorité qui se presse de rejoindre la majorité présidentielle chaque fois que la tête change. « Oui, il faut vite faire de soutenir les actions bonnes ou mauvaises  du gouvernement pour avoir de couvert. Sinon, tu te feras avoir. », s’avisent les caciques du pouvoir.  C’est ainsi que le parlement est devenu le nid où se cachent les oiseaux de mauvais augure en attendant un poste de responsabilité où on se sentira toujours couvert par la tête de la tête qui ne permettra pas que les dossiers de malversations soient déterrés contre X. Etonnant, n’est-ce pas ! Oui, puisque, une fois le voleur mis à la tête d’une maison de production, il doit œuvrer pour satisfaire les intérêts égoïstes de son chef qui lui donne la garantie totale de protection. Et puisqu’on ne peut pas donner à manger à un bébé sans se lécher le doigt, l’envoyé du chef dans cette maison de production, en satisfaisant son employeur, se satisfait lui aussi. Une fois le pot-au-rose découvert, le voleur pris, s’apprête à citer des noms y compris la  tête de la tête. Alors l’affaire devient une affaire d’Etat, une affaire de vie ou de mort, d’où des assassinats et des enlèvements clandestins.

 

Que d’hommes de mauvaise foi

 

Une fois qu’un mandat présidentiel arrive à sa fin, le peuple se réjouit croyant enfin mettre fin au naufrage, aux règlements de comptes, aux assassinats et enlèvements politiques. Mais une fois la tête changée, cette dernière prend les mêmes malfaiteurs d’hier et ils recommencent leur danse de vautours. Ils se permettent de narguer les populations flouées. Le peuple se sentant trahir, ne sachant à quel saint se vouer, retombe dans la désolation, la tristesse et la détresse, appelant Dieu au secours. Car ce que nous avons refusé hier, refait surface avec violence. Et c’est souvent le cas à chaque gouvernance. Hier, l’autre s’en prenait aux opérateurs économiques, cherchaient à les détruire financièrement voire physiquement, montait contre X des coups bas, quitte à faire croire au peuple que c’est l’animal sauvage à abattre (cas de Patrice Talon sous la gouvernance Yayi); le peuple éveillé crie au scandale, se bat bec et ongle pour protéger X contre la tête qui veut sa peau; l’aidant même à fuir le territoire d’une manière ou d’une autre et même en caleçon ou en serviette, par hélicoptère ou dans une mâle-arrière d’un taxi-brousse, pour sauver sa vie des mains de la tête. Le peuple, en ce moment-là, croit avoir la bonne personne sous la main pour sortir du gouffre la mandature à venir. Mais ouf, c’est le contraire qui se produit. Et c’est ce que vit le Dahomey devenu Bénin depuis son indépendance à nos jours.

 

Création sans fin de partis politiques et instabilité des conseils communaux

 

Sous Kérékou, nous avons connu l’UBF (Union pour le Bénin du Futur) la coalition soutenant les actions du gouvernement Kérékou, devenu UN (Union fait la Nation) dès que Kérékou a quitté le pouvoir. Sous Yayi est né FCBE (Forces Cauri pour un Bénin Emergent) qui rassemble les partis politiques soutenant les actions de Boni Yayi une fois au pouvoir. Il est a remarqué que c’est des politiciens ayant fait leur militantisme dans l’UBF qui, pour être dans les bonnes grâces du régime en place, ont constitué FCBE. Mais une fois que Boni Yayi a quitté le pouvoir, le groupe s’est disloqué. Le pouvoir ayant changé de main, les intérêts aussi doivent changer de camp. Il faut donc trouver un regroupement, qui veuille rester plus proche du mandarin. C’est alors que le nouveau système baptisé « Nouveau Départ » ou « rupture » a généré dans l’intelligence des hommes, « Le Bénin en Route) pour cuisiner avec Patrice Talon. Et ceux qui ne veulent pas s’embarquer dans ce nouveau train qui prend départ sous une allure nouvelle, devront être prêts pour supporter la rage et la ruse du chef cuisinier et de ses féaux serviteurs.

Des maires, autorités locales élues, font les frais de leur insoumission. Des destitutions fusèrent de partout : l’actualité se remplit des merveilles de fragilisation des conseils communaux et municipaux. Il ne se passe de jour où l’on apprend que tel ou tel autre maire est en difficultés ; c’est même la mode de gestion des territoires décentralisés.

En dernière analyse, je pense que le Bénin doit se relancer pour son développement. Il doit tourner dos à ces agissements négativistes qui promeuvent l’arriération et génèrent du sur place. Des acteurs peu patriotes rusent et trichent ; ils ne permettent nullement l’éclosion des valeurs positives et pensent être les seuls capables de penser et de mieux faire,  sans jamais tolérer la libre expression. Ils prennent le pays en otage, faisant de celui-ci leur fonds de commerce.

D’une gouvernance à une autre au sommet de l’Exécutif au Bénin, les regards sont focalisés sur le nouveau maître du temple et sur les officiers qui vont officier avec lui durant sa mandature. Et comme dans une loge, l’ésotérique et l’exotérique se côtoient. Les néophytes du pouvoir politique font leurs premiers pas, le temps d’être initiés par l’expérience acquise au cours de l’exercice du pouvoir mais aussi par des devanciers passés experts dans la gestion de la chose politique.

 

Janvier Koffi SOSSOU