D_codeurs_et_Antennes_apla_Cyber

Foisonnement de décodeurs numériques mercantiles dans le paysage audiovisuel africain

Pourquoi pas un seul décodeur gratuit pour une seule parabole sur tout le continent?

(Et si les Chefs d’Etats africains s’engagent pour une gratuité des chaînes TV-Radio nationales publiques?)

 

Avec l’avènement du passage de l’analogique au numérique, il va falloir disposer d’un décodeur numérique pour suivre une chaîne de télévision ou de radio. En Afrique, il est observé un foisonnement de décodeurs. Face à cette révolution numérique, nous avons promené notre stylo à travers le Bénin. Diversement, les populations s’interrogent : Faut-il jeter les anciens postes téléviseurs ordinaires au détriment des écrans plasmas ? Quelle disposition prennent nos gouvernants pour que nous continuions de capter gratuitement, comme par le passé nos chaines nationales? Pourquoi nos gouvernants laissent les opérateurs économiques nous louer les télévisions nationales dans les pays africains sur notre propre continent ? etc. Face à ces questions il est normal de leur apporter quelques éléments de réponse.

 

Passer au numérique dans le paysage audiovisuel médiatique mondial, consiste à disposer nécessairement d’un décodeur pour accéder à une chaîne de télévision ou de radio. Du coup, les antennes locales dont nous sommes habitués ne sont plus bienvenues. En aucun cas, les postes de télévision « ordinaires », peu importe la marque,  ne seront jetées. L’apparition des télés écran plasma, n’est qu’une  nouvelle forme de poste téléviseur avec de nouvelles fonctionnalités proche de l’ordinateur. En effet, les postes télés écran plasma sont la formes évoluée de poste téléviseur tout comme les écrans plats d’ordinateur par rapport aux écrans cathodiques entre temps utilisés et qui s’utilisent encore par endroit.  De nos jours vous pouvez vous procurer un poste télé à écran plat ou  écran ordinaire mais muni de plusieurs fonctions dont le port de clé USB ou le lecteur DVD…etc.

Le passage au numérique, a motivé des opérateurs économiques à s’investir dans la location-commercialisation des chaînes de télévision via les satellites. Et puisqu’il y a une multitude de satellites, chacun choisi le satellite qu’il veut, commande le décodeur numérique à sa guise, avec une carte d’abonnement indissociable du décodeur, y programme les chaînes de télévision de sa préférence de manière à obliger les consommateurs à avoir ce décodeur avant d’avoir ces chaînes, à un coût qui lui va le mieux. Il s’observe de ce fait un foisonnement de décodeurs dans le paysage audiovisuel médiatique africain. Parmi ces décodeurs, il y a un, qui est vendu au marché public dans l’informel total, par lequel des chaînes peuvent être captées sans abonnement. Ce qui est remarqué, est que, en plus des chaines privées cryptés, il y a aussi le cryptage des chaines nationales publiques africaines. De là, se pose la question de savoir pourquoi un Africain doit payer un opérateur économique avant de pouvoir suivre une TV-Radio nationale publique étant sur le continent africain ? Autre chose est de savoir que l’arrivée du numérique dans les média, oblige désormais toute personne à débourser au moins quarante mille francs CFA voir plus, pour s’acquérir le décodeur dit gratuit pour raison de son  non abonnement pour suivre les chaines que certains satellites y offrent.

Nous sommes bien en Afrique, et nous savons comment la grande partie de nos populations  s’offrent difficilement un repas par jour. Ne serait-il pas opportun que face à cette révolution numérique que les gouvernants africains, la main dans la main s’entendent à offrir aux populations africaines la gratuité des chaines nationales publiques en négociant avec les opérateurs satellites leur total décryptage sur le décodeur sans carte  d’abonnement ? Aussi ne faudrait-il pas que nos chefs d’Etat et de gouvernement négocient un seul satellite pour la diffusion numérique de toutes les chaînes nationales publiques des pays africains ? Ceci épargnerait les populations de l’achat de multiples décodeurs et paraboles souvent encombrants. Cela fait partie aussi de l’«UNITE AFRICAINE » tant prônée.

Un jour chez un ami Béninois, je vois dans son salon, six (06) décodeurs alignés. Alors surpris, je lui demande : «Dis donc ! Pourquoi tant de décodeurs ? » il me répond : « Il ne commercialise pas les mêmes chaines TV-Radio. C’est ainsi que je me sens obliger de les avoir, même si parfois je suis agacé. »

En effet, si dans certains pays africains, il y a une multitude de décodeurs auxquels il faut s’abonner afin de pouvoir suivre les émissions de telle ou telle chaîne TV-Radio dès que l’on en a envie, encore que ce n’est pas là une cacophonie commerciale ni un désordre organisé, il urge d’encourager nos opérateurs commerçants de chaines TV à en créer d’avantage pour que chaque foyer en emmagasine assez et encore plus de décodeurs pour son divertissement et la bonne marche de l’économie africaine, encore que ces décodeurs ne sont pas fabriqués sur le continent.

Une petite enquête au marché Dantokpa à Cotonou, nous fait comprendre que le décodeur dit gratuit se vend à merveille. C’est même un précieux cadeau que chaque parent veut offrir à son ménage.

Un tour à Sossouhoué, un village à plus de 300km de Cotonou, nous a fait remarquer l’utilisation de ce décodeur dans plusieurs foyers de paysans. Et c’est de même dans les coins les plus reculés et même plus cachés du Bénin. Comme quoi, le passage au numérique, avec ce décodeur, permet une facile couverture médiatique audiovisuelle du territoire national et du continent par toute chaîne TV-Radio nationale. Ce qui dispensera nos Etats des multiples millions déboursés chaque année dans le seul but d’atteindre cet objectif sans jamais y parvenir.

Ce qui démontre sans contester que les chaînes TV qui sont localisées sur ce décodeur, sont regardées par le plus grand nombre de personnes dans nos villes et particulièrement dans nos campagnes. Nos Etats n’ont-ils pas créé les chaînes TV-Radio nationales publiques pour l’épanouissement et l’information des populations à la base?

Que gagnerait-on à crypter ces chaînes pour empêcher nos populations dites du bas peuple pour ne pas dire des laissées pour compte  d’en jouir ? Surtout que ces dernières à défaut de chaines TV ont déjà appris à se contenter de ce que leur diffuse une radio locale s’il y en a une ou simplement d’un poste magnéto (radiocassette) pour se divertir. Encore que nos populations ont les poches tellement pleines d’argent qu’elles sont à, à peine un repas par jour, on se demande si les Africains n’applaudiraient –ils pas leurs chers présidents s’ils leur offraient cette possibilité de capter gratuitement leurs chaines nationales TV-Radio publiques partout où ils  se trouveraient sur le continent ? Nous parions que ce cadeau contribuerait à une diminution de l’exode rurale et consolidera plus l’UNITE AFRICAINE. N’est-ce pas une aubaine ? Pour le moment, disons comme les Anglais «wait end see !».

Janvier Koffi SOSSOU